Bilan au soir du 6 juin
En conclusion du jour J : les têtes de pont les plus importantes sont dans les secteurs canadiens et britanniques. Il résulte des débarquements sur Gold et Juno une poche sur la côte française de 15 km de profondeur. La tête de pont de Sword Beach fait environ 10 km et n’a pas pu rejoindre les forces débarquées à Juno. Les têtes de pont américaines n’ont pas connu le même succès. Les forces débarquées à Omaha tiennent les positions de Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville, ce qui représente une poche de 7 km de long sur 2 km de profondeur. Les forces à Utah, soutenues par les parachutistes américains, ont des positions disséminées, parfois jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres. Sainte-Mère-Eglise, la première ville libérée de France, fait partie de cette zone.
Au soir du jour J, le succès de l’opération est incontestable, même si le front n’est pas encore consolidé. Le mur de l’Atlantique est percé. Les opérations d’intoxication ont dépassé toutes les espérances, et l’effet de leurre contre la Luftwaffe a permis d’opérer dans un ciel pratiquement vide d’avions ennemi. Malgré le quasi-désastre d’Omaha, il n’y a pas eu de massacre, comme le redoutait tant le haut commandement allié : si les pertes sont lourdes, (12 000 tués, blessés et disparus), on est loin des 75 000 prévus si Neptune n’avait bénéficié de l’effet de surprise. 152 000 hommes ont pris pied sur le territoire français. Ils leur reste à faire la jonction entre eux. Cependant, aucun des objectifs initiaux n’a été réellement atteint. Le pire peut encore arriver. Il suffit qu’Hitler ordonne la mise en œuvre du plan III, et au poids des blindés viendra s’ajouter celui des réserves de la 15e armée. Si cette force s’abattait sur les plages avant que les Alliés ne se soient suffisamment consolidés, le destin des armes pourrait encore tourner…
