Gold Beach
Gold Beach fut l'une des cinq plages du débarquement de Normandie le 6 juin 1944. 25 000 hommes environ ont débarqué le jour J, on dénombra environ 413 morts (soit 1,7 % des hommes débarqués). La plage, confiée aux Britanniques (30e corps) fut donc conquise sans trop de difficultés. Elle était divisée en quatre secteurs : Item, Jig, King ainsi que How (ce dernier n'ayant pas été utilisé). Les objectifs ont été majoritairement remplis, une contre-attaque allemande fut même repoussée vers 16h30.
À Gold et à Juno, le triple objectif de l'armée anglo-canadienne est de prendre Bayeux, de barrer l'axe principal Bayeux-Caen à tout char allemand et d'opérer la jonction avec les Américains à Port-en-Bessin. Le soir du 6, les Britanniques ont à peu près rempli leurs objectifs avec une tête de pont de 9 km de large sur autant de profondeur. Bayeux n'est pas encore prise mais désertée par l'occupant allemand. Le 7 juin en fin de matinée, ce sera la première sous-préfecture française libérée et intacte. Le 8 juin, Port-en-Bessin est transformé en port pétrolier. Arromanches, curieusement libérée par les terres et non par la mer, est transformée en ville portuaire.
Ver-sur-Mer
La 50e division britannique d’infanterie, ainsi que la 8e division blindée, débarquent à Gold Beach. L’arrivée à Ver-sur-Mer s’effectue à 7h25, le 6 juin, sans difficultés majeures. Aujourd’hui, le musée Gold Beach présente l’assaut victorieux de la 69e brigade de Northumbrian dans le secteur. Le bourg abrite une maison où l’amiral Ramsay installa son QG. Depuis les hauteurs, sur la route côtière, à la sortie du village, on aperçoit les hautes falaises d’Arromanches. A l’ouest de Ver-sur-Mer, le mont Fleury fut l’objet d’une lutte farouche entre les Allemands et Britanniques. Le sergent-major Stan Hollis y obtint l’unique Victoria Cross décernée le jour du débarquement. Ce soldat britannique fit preuve d’une remarquable bravoure en réduisant au silence deux blockhaus et en sauvant deux soldats sous le feu de l’ennemi. Sur le site du Mont-Fleury se trouvent deux casemates.
Asnelles-sur-Mer
Sur cette plage débarque le 1er Hampshure Régiment de la 231e brigade. Tout au long de la journée du 6 juin, cette unité s’est heurtée à une solide résistance d’Allemands installés dans les fortins du Hamel. Au fond du nouveau cimetière, repose, depuis 1998, le porte-parole de la France libre, Maurice Schumann.
Saint-Côme-de-Fresné
Au bord de la falaise, une table d’orientation, construite sur une ancienne station radar allemande, offre un magnifique point de vue sur les plages et sur les vestiges du port artificiel d’Arromanches. A côté de la table d’orientation, se dresse la statue de Notre-Dame-des-Flots, que les Allemands déboulonnèrent, afin qu’elle ne puisse servir de point de repère à l’artillerie alliée. Elle fut réinstallée après la guerre. Sur la falaise de Saint-Côme-de-Fresné, subsistent divers blockhaus.
Arromanches-les-Bains
Libérée le 6 juin 1944 par les chars britanniques venant de Saint-Côme-de-Fresné, la cité fut choisie par les Alliés pour la construction d’un port artificiel, destiné à ravitailler les troupes de débarquement, en attendant la prise d’un grand port. Depuis l’échec de l’expédition de Dieppe, le commandement allié n’envisageait plus la conquête d’un port par la mer, du fait de la multiplicité des défenses allemandes. Une fois terminé, l’ensemble représentait une rade de 8 km de long pouvant recevoir les plus gros navires. Le 12 juin, plus de 300 000 hommes, 54 000 véhicules et 104 000 tonnes de ravitaillement ont été débarqués. Ce port a eu un rendement supérieur à ceux de Cherbourg et du Havre. Il a vu débarquer, en trois mois, 2,5 millions de soldats, 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de matériel. De nos jours subsistent quelques pontons visibles de tous les points du littoral. Le musée du Débarquement, inauguré le 5 juin 1954, par le président de la République, René Coty, se trouve devant les vestiges du port artificiel. Ce musée explique la construction et le fonctionnement du port, et rappelle les différentes phases de la Libération de la Normandie. Chaque nation alliée dispose d’une vitrine.
Longues-sur-Mer
L’endroit escarpé présente un superbe champ de vision sur la mer à 63 m d’altitude. En Septembre 1943, les Allemands décident d’y installer une batterie de quatre canons de 150 mm sous casemate portant à 20 km. En avant de cette batterie, à 300 m, au bord de la falaise, se trouve le poste d’observation. Cette batterie a été l’une des douze du littoral normand à ouvrir le feu sur la flotte alliée. La batterie fut durement bombardée le 28 mai et le 3 juin 1944, mais sans grand effet. Chaque casemate mesure une quinzaine de mètres de longueur sur une dizaine de large. Les murs bétonnés ont deux mètres d’épaisseur. Une couverture de terre dissimulait partiellement l’ensemble, également protégé par des mitrailleuses, des mines et des barbelés. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, 124 bombardiers britanniques lâchent 600 tonnes de bombes. Malgré ce déluge de feu, la batterie résiste et ouvre le feu à 5h37 sur deux navires de guerre américains, dont le cuirassé Arkansas. Le champ de tir des pièces couvre les secteurs de Gold et Omaha. Les navires américains Ajax, Arkansas, et ceux de la marine française, Georges-Leygues et Montcalm, parvinrent à détruire trois des quatre pièces d’artillerie. Le dernier canon fut définitivement réduit au silence par deux tirs du navire français Georges-Leygues. L’ensemble fut occupé le lendemain par des détachements alliés, suite à la reddition de la garnison. On peut visiter l’ensemble du site, qui présente l’unique batterie du mur de l’Atlantique conservée dans un état presque parfait, avec ses canons dans leur chambre de tir. Plus loin, on découvre un réseau de défenses allemandes, ainsi que le poste d’observation, toujours muni d’un télémètre pour diriger les tirs.
Port-en-Bessin
La cité est libérée le 8 juin 1944, par le 47e Royal Marine Commando, après une résistance coriace de la garnison allemande. Le port permet de débarquer 1 000 tonnes de matériel par jour. Une plaque, dédiée aux libérateurs, est apposée sur le blockhaus situé sous la tour Vauban. A l’entrée de Port-en-Bessin, dans le village de Commes, est ouvert un musée des épaves Maritimes, dont divers matériels et objets personnels contenus dans les navires coulés lors du Débarquement.
Bayeux
Située à 15 km du littoral, cette ville est la seule de Normandie à avoir été épargnée par les combats. Libérée le 7 juin par les troupes britanniques, le général Eisenhower la visite le 12, accompagné de son fils en permission. Au débouché de la voie express venant de Caen, un rond-point est aménagé en hommage au général Eisenhower. Le 14 juin, le général de Gaulle s’y rend également, afin d’y mettre en place le gouvernement de la France libre, avec la nomination du premier commissaire de la République, en la personne de François Coulet, et du premier sous-préfet, Raymond Triboulet. Le général de Gaulle est acclamé par plus de deux mille personnes. Le chef de la France libre affirme ainsi sa volonté de voir un gouvernement français indépendant, et contrecarre ainsi les ambitions américaines d’installer leur administration. Un musée mémorial est consacré au général de Gaulle, avec de nombreux documents. Bayeux accueille également le plus grand cimetière britannique de Normandie avec 4 648 tombes. Le musée mémorial de la bataille de Normandie retrace avec précision toute l’histoire des combats, avec nombre de documents, une centaine de mannequins et plusieurs tonnes de matériel.
