L'opération Overlord
L’opération Overlord , opération de débarquement commence tôt, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, par le largage de trois divisions aéroportées (101e et 82e divisions aéroportées américaines et 6e division parachutiste britannique) aux deux ailes du front entre 0h15 et 2h30, du Calvados à la Manche, de la vallée de la Dives, point extrême à l’est (secteur britannique), à Sainte-Mère-Eglise, point extrême à l’ouest (secteur américain). La mission des parachutistes américains, dans le secteur de Sainte-Mère-Eglise, et des parachutistes britanniques, dans celui de Ranville, consistait à s’emparer de certains points clés (batteries d’artilleries, ponts, routes, écluses…). L’opération Overlord se poursuit, jusqu’au lever du soleil, par le pilonnage de l’artillerie navale et les bombardement aériens des défenses allemandes du littoral, pendant que la Résistance multiplie les sabotages sur les arrières. Plus de 6000 navires ont traversé la Manche par une nuit de grand vent et une pluie battante. Ils ont navigué sur un front large de 80 km, transportant 185 000 hommes et quelques 20 000 véhicules. Les Américains débarquent à 6h30 à Omaha Beach et Utah Beach, tandis que les troupes du Commonwealth atteignent les plages de Sword Beach, Juno Beach et Gold Beach à 7h30.L’ensemble s’articule de la façon suivante :
- Sword Beach, entre Ouistreham et Lion-sur-Mer, dévolue à la 3e division britannique du général Rennie ;
- Juno Beach, entre Luc-sur-Mer et Graye-sur-Mer, relevant de la 3e division canadienne du général Keller ;
- Gold Beach, entre Graye-sur-Mer et Arromanches-les-Bains, secteur rattaché à la 50e division britannique du général Graham ;
- Omaha Beach, entre Colleville-sur-Mer et Vierville-sur-Mer, dépendant du 5e corps d’armée américain du général Gerow ;
- Utah Beach, sur la côte Est du Cotentin, dévolue au 7e corps d’armée américain du général Collins ;
Dans le secteur de Sword Beach, un commando de marine, composé de 177 Français libres, aux ordres du capitaine de corvette Philippe Kieffer, participe aux opérations aux côtés des Britanniques. Le soir du 6 juin, le maréchal Rommel est obligé de constater que les faibles réserves de son armée ont déjà été jetées dans la bataille. Les généraux des unités d’infanterie attendent l’arrivée des divisions blindées ; ils espèrent que leur intervention permettra alors de rejeter les Alliés à la mer. Mais rien ne vient, les stocks s’amenuisent et, d’un bout à l’autre du front, ordre est donné de réduire la cadence des tirs. Un découragement général a commencé à gagner les états-majors allemands, et il risque d’influer sur les combats qui vont suivre. La tournure de la bataille donne en partie raison à Rommel, qui désirait que les panzerdivisions soient plus près des côtes, afin d’être en mesure de contre-attaquer le jour même du débarquement. Mais cette opération amphibie constitue, pour l’ensemble du commandement du Reich, une cascade de surprises. Elle intervient d’abord en Normandie et non dans le Pas-de-Calais. Elle se produit à l’aube, à mi-marée et à la fin d’une période de mauvais temps. Le choix du lieu du débarquement est une preuve évidente de l’efficacité de la Résistance française.
Le général américain Omar Bradley affirmera à Jacques Piette, inspecteur régional des FFI (forces françaises de l’intérieur) :
"J’ai à vous témoigner la satisfaction de l’armée américaine à l’égard de la Résistance française. C’est, en effet, à la suite de la réception à Londres du plan de défense côtière de la Manche que nous avons choisi le point de débarquement. Les renseignements qui figuraient sur ce plan étaient d’une telle valeur que nous avons pu réussir l’opération de débarquement."
Les opérations de débarquement se poursuivent tout au long de la journée du 6 juin, tantôt sans grandes difficultés comme à Utah Beach, tantôt avec des pertes humaines considérables comme à Omaha Beach. Au soir, les troupes alliées sont solidement établies sur les côtes normandes. La majorité des ouvrages de défense et des batteries du Reich sont neutralisés. Plus de 150 000 soldats et 20 000 véhicules alliés ont débarqué sur le sol français. Même si les objectifs fixés au soir du Jour J n’étaient pas atteints (Caen, Bayeux, Isigny, Carentan), dans l’ensemble, l’opération était un succès. Les pertes étaient inférieures aux prévisions, sauf à Omaha Beach (Colleville-Saint-Laurent-Vierville) où la tête de pont demeurait bien fragile malgré le sursaut de courage des Américains. Il restait maintenant à joindre les cinq plages d’assaut et à faire face à la contre-attaque allemande.
Les jours suivants autorisent un élargissement des têtes de pont, avec la présence au soir du 12 juin, de 16 divisions, comprenant plus de 320 000 hommes et 54 000 véhicules, ce qui permet aux alliés de consolider leurs positions avant de percer les défenses allemandes.
Les combats pour la libération de la Normandie se font au prix de lourdes pertes et de nombreuses destructions. La bataille se termine dans la poche de Falaise-Chambois par l’encerclement d’une grande partie des troupes allemandes et par leur défaite, le 21 août 1944.Action durant laquelle participe la 2e division blindée française du général Leclerc. La route vers Paris et le nord-est de la France est ouverte, mais deux mois et demi au lieu des trois semaines prévues ont été nécessaires pour venir à bout de la résistance acharnée des soldats du Reich. Les 80 kilomètres du littoral normand sont à jamais marqués par ces terribles combats pour la libération de l’Europe. La bataille de Normandie (juin-août 1944) a causé la mort de 90 000 soldats alliés et allemands. Les pertes totales (tués, disparus, blessés, prisonniers) s’élèvent à plus de 600 000 hommes, dont 209 672 soldats alliés et 393 689 soldats de l’Axe. Hormis les morts, l’armée allemande a également perdu 1 500 chars, 2000 pièces d’artillerie et 20 000 véhicules. L’écrasante supériorité aérienne et navale des Alliés a fait la décision, alors que le fantassin allemand se révéla plus efficace en combat rapproché.
Outre ce terrible bilan militaire, celui des civils est également lourd : entre 15 000 et 20 000 morts, pour une grande part du fait des bombardements alliés, 120 000 immeubles détruits et 270 000 endommagés. Villes, bourgs et villages ne sont plus que des ruines.
