la météorologie et son rôle dans le debarquement du 6 juin 1944
I) Le choix de la date initiale
Dès 1942, des études climatologiques sont entreprises pour déterminer, du point de vue météorologique, le meilleur endroit et le moment idéal pour le débarquement.
D’autres critères ont également été pris en compte :- Pour que les péniches ne viennent pas s’empaler sur les pièges installés sur les plages, l’assaut devait avoir lieu à mi-marée montante.
- La mission des troupes aéroportées requérait une nuit de pleine lune.
Enfin, la marine, qui devait bombarder les défenses allemandes 45 minutes avant l’Heure « H », devait opérer aux premières lueurs de l’aube, pour mieux repérer ses objectifs.
Ces études ont finalement abouti au choix, par le général Eisenhower, d’un débarquement en Normandie le 5 juin 1944, avec possibilité de report au 6.
II) Comment on a basculé du 5 au 6 juin 1944
Vendredi 2 juin
Situation météorologique complexe. « Le nord de l’Atlantique est marqué par une succession de dépressions nombreuses et profondes ». Les cartes synoptiques des 50 dernières années pour le mois de juin n’ont jamais présenté de conditions aussi sévères…
Néanmoins, après le briefing, l’opération « Overlord » est mise en route.
Samedi 3 juin (5h)
Trois vigoureuses dépressions balaient l’Atlantique. Le vent atteint force 6 sur l’ouest de l’Irlande. Baisse rapide du baromètre.
Dimanche 4 juin (4h15)
Le front froid de la première dépression risque d’arriver plus tôt que prévu, ce qui doit conduire à une dégradation de la situation météo. Le général Eisenhower décide de retarder l’opération de 24 heures et d’arrêter les forces navales déjà en mouvement.
En soirée : Le front froid va passer dans la nuit ou tôt le 5 au matin. Après ce front, une légère amélioration doit se dessiner le 5 après-midi.
Lundi 5 juin (4h15)
Le front passe dans les premières heures du 5 juin. A l’issue du briefing, la décision définitive et irrévocable est prise, jour J : 6 juin 1944.
III) Le rôle de la météorologie
La météorologie a joué un rôle primordial dans le lancement de l’opération. En particulier, deux prévisions ont permis au Général Eisenhower de faire le bon choix.
La première, le 4 juin, a conduit à repousser le débarquement prévu « initialement le 5 à cause du mauvais temps. Les observations ont ensuite validé cette prévision. En effet, le 5 juin des vents de force 5 à 6 ont été observés sur les plages de Normandie et le ciel était totalement couvert, ce qui aurait empêché toute opération aéroportée.
La seconde, le 5 juin, a permis de prévoir l’accalmie du 6 et de fixer ainsi définitivement la date et l’heure du débarquement.
La période suivante envisagée se situait du 19 au 22 juin. Le temps observé durant cette période ‘est finalement révélé catastrophique, ce qui a fait écrire à Eisenhower « I thank the Gods of war we went when we did ».
IV) Comment ont été réalisées ces prévisions
Dès qu’il prend ses fonctions de commandant en chef de l’opération « Overlord », le général Eisenhower accorde une place très importante à la météorologie et s’appuie sur trois équipes : une de l’US Army Air Forces, une du British Meteorological Office et une du British Admiralty Weather Office.
Les Américains réalisaient leurs prévisions à partir de situations passées analogues. Les Britanniques, eux, travaillaient avec le météorologue norvégien S.Petterson sur des observations d’altitude.
Le group captain Stagg, responsable météorologique du débarquement, réalisait un compromis entre les différentes prévisions, souvent opposées, et le présentait au briefing météo du général.
Du côté allemand
Les Allemands avaient également jugé la période des 5, 6 et 7 juin favorable au débarquement. Néanmoins, ils pensaient que les alliés attendraient une prévision d’au moins 6 jours successifs de beau temps garanti.
Les météorologistes de la Luftwaffe avaient prévu une période de mauvais temps débutant le 5 juin, qui durerait