Sword Beach
Sword Beach fut une des principales plages du débarquement. Cette plage était attribuée à la Seconde armée britannique et s'étend sur 8 km de Ouistreham à Saint-Aubin-sur-Mer. C'était le point de débarquement le plus à l'est et situé à environ 15 km de Caen. Cette plage, à l'instar des quatre autres, fut divisée en secteurs. D'ouest en est : Oboe, Peter, Queen et Roger. En raison des récifs côtiers, devant Lion et Luc-sur-mer, l'attaque aura lieu finalement sur un front assez étroit devant Hermanville au lieu dit la “Brèche”. Les parachutistes de la 6e aéroportée avaient au petit jour détruit les batteries de Merville et tenaient les ponts sur l’Orne.
Les troupes défendant la plage, de mauvaise qualité, faisait partie de la 716e division mais en deuxième ligne se trouvait la 21e Panzerdivision composée de vétérans de la campagne d'Afrique du nord et de recrues moins expérimentées. Il est à noter que les chars équipant cette division étaient majoritairement des chars capturés aux français et aux soviétiques en 1940-1941, chars qui auront du mal à faire face aux Sherman.
Des régiments anglais engagés dans la bataille, c'est le 1st Lancashire, premier à débarquer dans la zone Queen Red, qui va subir les plus lourdes pertes. Le 2nd East Yorkshire débarqué en même temps sera plus chanceux et subira moins de pertes. La 1re brigade spéciale de Lord Lovat, (comptant dans ses rangs le Commando n°4 dont les 177 fusiliers-marins français du commandant Philippe Kieffer) après avoir pris Ouistreham à l’issue de combats de rues meurtriers, a atteint les ponts de Bénouville et Ranville et opéré ainsi la jonction avec les parachutistes. Moins heureux, le 41e commando de Royal Marines butte encore sur les solides retranchements allemands dans Lion-sur-Mer.
Plus de la moitié de la centaine de chars d’assaut de la contre-attaque de la 21e division de Panzer en fin d’après-midi furent détruits ou neutralisés. La journée finit pour les Britanniques avec 30 000 hommes débarqués et 700 victimes. Au début du jour suivant ils firent leur jonction avec les forces canadiennes de Juno Beach.
Bénouville, Ranville
Des planeurs Horsa, tirés par des avions Stirling et Halifax, transportent des parachutistes de la 6e division parachutiste, dont l’une des compagnies est commandée par le major Howard. La mission des paras britanniques doit permettre la prise des ponts intacts sur le canal de Caen et sur l’Orne, à Bénouville et à Ranville. En moins de dix minutes, le 6 juin, le pont ouvrant de Bénouville, connu aujourd’hui sous le nom de Pegasus Bridge, tombe aux mains des paras du major Howard, qui résistent aux contre-attaques allemandes et tiennent l’édifice jusqu’à l’arrivée des renforts. Le pont de Ranville est également enlevé et vigoureusement défendu par les paras britanniques qui repoussent huit attaques allemandes. Depuis le mois de novembre 1993, le pont Pegasus Bridge de Bénouville a été démonté et remplacé par un autre plus moderne. Un son et lumière y est organisé chaque année. Bénouville et Ranville sont les deux premières localités libérées. Le buste du général Gale, commandant de la 6e division parachutiste britannique, a été installé sur la place du 6 juin, à Ranville. A côté de l’église, se trouve le cimetière où sont enterrés plus de 2 000 paras et commandos britanniques, dont le lieutenant Dan Brotheridge, premier tué allié de la bataille de Normandie. Ce cimetière contient également 323 tombes allemandes et 5 françaises. En face, le vieux moulin porte une plaque en souvenir des combattants belges de la brigade du colonel Piron, tombés en août 1944.
Merville
La petite ville de Merville est défendue par une garnison de 200 hommes et des abris bétonnés. Le 6 juin, à partir de 4h45, le 9e bataillon de paras britanniques de la 6e division s’empare de la position. La garnison allemande, presque entièrement anéantie, ne compte plus qu’une trentaine de survivants à la fin de l’offensive. L’endroit, très disputé entre les Britanniques et les Allemands, change sept fois de main, jusqu’au 17 août. Un musée se trouve aménagé sur le site du combat, afin de rappeler l’audace du lieutenant-colonel Ottway et de ses parats.
Bréville, Banneville-Sannerville
Une stèle, dédiée aux paras britanniques du 8e bataillon de la 6e division, rappelle les violents combats ayant présidé la libération de la commune de Bréville, le 13 juin. Non loin, le cimetière de Banneville-Sannerville rassemble 2 175 tombes de soldats britanniques.
Colleville-Montgomery
Lieu de débarquement de la 3e division d’infanterie britannique, le 6 juin, à 7h30, le site de Colleville se trouve défendu par de nombreux ouvrages bétonnés du 736e régiment allemand de grenadiers. L’ensemble est aujourd’hui mis en valeur par une association locale. La résistance allemande y fut assez faible. La commune de Colleville-sur-Orne est devenue Colleville-Montgomery en hommage au maréchal Montgomery
Ouistreham-Riva-Bella
A 7h20, le 6 juin, l’artillerie navale ouvre un feu roulant sur Ouistreham et Riva-Bella, afin de préparer le terrain au 1er bataillon de fusiliers-marins du commando franco-britannique du capitaine de corvette Philippe Kieffer, commando qui débarque à 8h30. L’endroit est défendu par de nombreuses positions bétonnées, dont le casino transformé en fortin. A peine débarqués, les fusiliers-marins français subissent de lourdes pertes. La moitié de leur effectif engagé tombe sous les balles et les obus. L’appui des blindés est nécessaire pour venir à bout de la résistance allemande. Un peu en arrière de la route côtière, se dresse un grand bunker, surmonté d’une tour en béton de 17m. Cet édifice est aujourd’hui transformé en musée du Mur de l’Atlantique. Non loin de là, un autre musée raconte l’action héroïque des fusiliers marins français de Kieffer. Un monument en forme de flamme (œuvre de l’artiste caennaise Yvonne Guégan) boulevard Aristide-Briand, rappelle le sacrifice des Français libres du 6 juin. Près de celui-ci, une stèle rend hommage à Philippe Kieffer, qui a rejoint le général de Gaulle dès 1940.
Hermanville-sur-Mer
Malgré la houle, les troupes britanniques parviennent à faire débarquer une vingtaine de chars. La commune est libérée le 6 juin vers 10 heures. Au large, le cuirassé français Courbet doit s’échouer, afin de former un brise-lames. La chapelle présente des vitraux commémorant le débarquement. Près d’un manoir du XVIIIe siècle, est établi un cimetière franco-britannique de 986 tombes. Sur la place du village, le visiteur peut voir le puits de la mare Saint-Pierre, cité à l’ordre de l’armée britannique pour lui avoir fourni 7 millions de litres d’eau, du 6 juin au 1er juillet 1944.
Lion-sur-Mer
Cette commune est libérée le 7 juin, par le 41e Royal Marine Commando, après un combat difficile. Un monument, près d’un char Churchill de 40 tonnes, rappelle l’action des soldats britanniques.
Luc-sur-Mer
Un premier commando britannique a été engagé sur cette plage le 28 septembre 1941. Une stèle rappelle l’événement, ainsi que la libération de l’endroit, le 7 juin 1944, par le 46e Royal Marine Commando.
Caen
L’avancée des troupes britanniques est finalement stoppée au nord de Caen. La ville va être totalement détruite lors de nombreux bombardements de l’aviation alliée. La résistance allemande des 716e division d’infanterie, 272e division d’infanterie, 12e panzerdivision SS Hitlerjugend, de la 21e panzerdivision et d’autres unités, est acharnée. Durant plusieurs semaines, tous les assauts britanniques du 21e groupe d’armée sont repoussés. Le 12 juin, à 25 km au sud-ouest de Caen, les chars lourds allemands Tigre I de 55 tonnes du 501e bataillon font des ravages dans les rangs de la 7e division blindée britannique. Cinq Tigre I, conduits par l’officier Michael Wittmann, détruisent 20 chars Cromwell de 28 tonnes en très peu de temps. Wittmann revendique à lui seul 10 chars Cromwell en cinq minutes. Les tankistes britanniques, traumatisés, marquent le pas. Le 7 juillet, la ville de Caen est de nouveau violemment bombardée par 450 avions Lancaster et Halifax. En moins d’une heure, plus de 2 500 tonnes de bombes tombent sur la partie nord de la ville. C’est un massacre pour rien de la population française. Cette opération, décidée par Montgomery, ne fait que renforcer la détermination allemande à défendre la ville. Eisenhower commence à parler d’un revers britannique devant Caen. La ville n’est libérée qu’à la fin du mois de juillet 1944. Abbaye d’Ardenne, Trouville-sur-Odon, la cote 112, Bourgébus, Tilly-sur-Seulles sont des lieux marqués à jamais par la bataille de Caen. Tilly-sur-Seulles abrite un cimetière de 1 224 tombes, ainsi qu’un musée racontant la bataille de cette commune. Non loin, le petit hameau de Jérusalem, sur la commune de Chouain, abrite 46 tombes de soldats britanniques, dont celle du soldat Banks, âgé de 16 ans. Construit au-dessus de l’ancien poste de commandement de la 716e division allemande d’infanterie (général Ritcher), le Mémorial de Caen pour la paix conduit le visiteur selon un parcours historique bien étudié, découpé en trois espaces qui lui font comprendre les enjeux politiques et stratégiques du XXe siècle. Le Mémorial a été inauguré le 6 juin 1988, par le président de la République, et par les onze ambassadeurs des pays ayant combattu pour la paix en 1944. Ce parcours muséographique est illustré par des espaces audiovisuels passionnants.
Carpiquet
A l’ouest de Caen, le village de Carpiquet se transforme en champ de bataille du 18 juin au 9 juillet 1944. De terribles combats opposent les troupes canadiennes aux jeunes fanatiques de la 12e panzerdivision SS Hitlerjugend. Certaines positions sont conquises au lance-flammes.
Le cimetière de Saint-James
Libéré le 1er août, en même temps que Pontorson et Tessy-sur-Vire, ce village accueille l’un des deux cimetières américains implantés en Basse-Normandie. A 2 kilomètres au sud-est, reposent 4 410 soldats de la 3e armée américaine, dans un cadre de verdure de 12 hectares. Les petites croix de marbre sont dominées par une chapelle en têtière, dans laquelle on peut voir une collection de drapeaux, de vitraux et des insignes rappelant les événements de 1944.
