Utah Beach
Utah Beach est le secteur attribué aux troupes de la 4e division d’infanterie (Barton). La première vague est composée de vingt barges de débarquement. Elle progresse appuyée par un bombardement aérien et naval, qui met à mal les points d’appui de la 709e DI allemande (von Schlieben). Un patrouilleur de tête et une péniche de débarquement LCT ( Landing Craft, Tank), avec à leur bord quatre chars amphibies DD, heurtent des mines. A 6h31 les premières péniches atteignent le rivage, juste après la marée basse, déversant sur les plages 300 hommes du 8e RI. De l’eau jusqu’à la ceinture, ils parcourent le plus vite possible les cent mètres qui les séparent de la plage. Celle-ci , qui mesure environ 400 mètres, est parsemée d’obstacles, mais vierge de toutes fortifications, à l’exception des blockhaus W4, 5 et 7. Ceux-ci se trouvent à l’extrémité d’une sorte de cap.
La faiblesse des défenses de ce secteur s’explique par le fait que, pour les Allemands, l’inondation des campagnes alentour rend difficilement concevable un débarquement, et ne justifie pas l’édification d’importantes positions défensives. En fait, le débarquement en ce point est la résultante de plusieurs circonstances : privée de ses guides (les navires patrouilleurs, dont un est détruit par une mine), la flottille, après un moment de confusion, finit par être guidée par un autre chaland. Mais, les chars amphibies, lancés trop près du rivage, créent un retard qui bouleverse les vagues d’assaut et amène des risques de collision avec les chalands. Afin de les éviter, la flottille, aidée par le courant côtier, débarque à 2 kilomètres plus au sud. Les troupes prennent pied donc devant la grande dune d’Audouville-la-Hubert. Un des premiers officiers débarqués, le Brigadier general Théodore Roosevelt, neveu du président, rassemble 600 hommes sur la plage. Vers 7 heures, 32 chars amphibies Sherman DD appartenant au 70e bataillon atteignent celle-ci, et le général, à la tête de sa troupe, conduit l’assaut du blockhaus le plus proche, le W5. Un tir direct suivi d’une attaque décisive permet aux Américains de se rendre maître de l’ouvrage. Les garnisons des autres fortins, secouées par les bombardements et démoralisées par le bruit des combats qui se rapprochent dans leur dos n’offrent qu’une résistance symbolique, et à 7h30 cessent de combattre. Bientôt, au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles péniches, des milliers d’hommes et de véhicules s’agglutinent sur cette Utah Beach décalée : en effet, Roosevelt renonce à rejoindre la plage prévue initialement et décide d’utiliser celle où il se trouve comme base offensive. Une heure après le premier débarquement, les artificiers ont nettoyé une partie suffisamment vaste du terrain pour permettre l’abord sans difficultés des prochaines vagues. Deux heures plus tard, les premiers chars qui ont franchi le mur de l’Atlantique se déploient en éventail sur un front de 3 kilomètres, cherchant à faire la jonction avec les paras de la 101e division. Quand les Allemands prennent conscience de l’importance des forces débarquées dans ce secteur, celles-ci sont déjà solidement établies. Les blockhaus des alentours sont neutralisés les uns après les autres, tandis que les véhicules font la queue sur la seule route qui mène vers l’intérieur des terres. Cependant, quelques petits nids de résistance se maintiendront plusieurs jours encore, et des éléments ennemis parviennent à s’échapper. Les 1er et 2e bataillons qui progressent dans les marécages derrière les dunes sont bientôt stoppés par une défense allemande exacerbée, appuyée sur les forts d’artillerie d’Azeville et Saint-Marcouf. Mais en fin de journée, contact est pris avec des paras de la 101e division Au crépuscule, 23 250 hommes ont débarqué ainsi que 1 700 véhicules. Les pertes s’élèvent à 197 tués et 60 disparus, la majorité noyés, résultant des difficiles transbordements des troupes entre les navires et les chalands.
Sainte-Mère-Eglise
Le 6 juin, vers 1 heure du matin, les 15 000 parachutistes américains des 82e et 101e divisions aéroportées, commandées respectivement par les généraux Rigdway et Taylor, sont largués au-dessus et autour de la cité de Sainte-Mère-Eglise, afin d’attaquer les arrières des défenses allemandes. Le parachutage, trop imprécis, cause l’égarement d’un nombre important de paras, si bien que 6 000 seulement parviennent à se regrouper dans un premier temps. Certains se noient dans les marécages des environs, d’autres sont abattus par les patrouilles allemandes. La DCA de la Luftwaffe fait également des ravages chez les avions chargés du parachutage. Les survivants se rassemblent à l’aide d’un jouet métallique imitant le bruit du criquet. Son bruit se confond avec celui du chargement Mauser de la Wehrmacht !En fixant les réserves allemandes à la recherche des parachutistes dispersés, le commandement allemand tombe dans le piège, ce qui facilite le débarquement sur le littoral. Les paras américains parviennent à se rendre maîtres de Sainte-Mère-Eglise, défendue par la 91e division de la Luftwaffe, à 4h30, soit deux heures avant le débarquement. Cette conquête permet de couper la route nationale 13 entre Carentan et Cherbourg. Le parachutiste John Steel, blessé par les tirs ennemis, reste accroché un long moment sur le clocher de l’église. Aujourd’hui, un mannequin rappelle l’événement. A l’intérieur de l’église, des vitraux racontent la libération de la cité. Près de l’église, le musée des troupes aéroportées.
Sainte-Marie-du-Mont
La cité est rapidement libérée par les parachutistes de la 101e division aéroportée. La plage est marquée par le débarquement de la 4e division américaine (DI), le 6 juin, à 6h30. Le secteur, connu sous le nom de la Madeleine, est l’un des moins défendus par les allemands, ce qui facilite le débarquement. Les chars Sherman viennent facilement à bout de la résistance des troupes allemandes, déjà fortement ébranlées par les bombardements préventifs. Un grand obélisque rend hommage à l’action de la 4e DI, près des casemates allemandes. A proximité, une colonne de 9 m a été érigée en souvenir des tués de cette journée inoubliable. Un troisième monument est dédié aux soldats de la 1ère brigade spéciale du génie. Enfin, une stèle commémore le débarquement de la 90e division d’infanterie. Un musée du débarquement est installé dans un block-haus. Les rues portent le nom de soldats ou d’officiers américains tués le 6 juin. Un peu à l’extérieur, se trouve un monument dédié aux 800 danois ayant participé au débarquement. A moins d’un kilomètre de La Madeleine, le point fortifié de Beau-Guillot.
Sainte-Marie-de-Vareville
C’est ici que débarque, le 1er août 1944, la 2è division blindée française du général Leclerc, forte de 15 000 hommes et 4 000 véhicules divers. Un monument de granit rose rappelle le débarquement des troupes françaises. Non loin, se trouvent deux véhicules de la 2è DB. Les dunes des environs conservent de nombreux block-haus. Les troupes américaines durent livrer, jusqu’au 12 juin, de durs combats pour les réduire en silence.
Quinéville
Sur la plage, les Américains débarquent, pour la seule journée du 6 juin, 23 500 soldats, 1 700 véhicules et près de 2 000 tonnes d’approvisionnement. Malgré quelques noyaux allemands de résistance, une solide tête de pont est établie dans le secteur par les troupes alliées. La facile conquête des plages d’Utah Beach autorise le débarquement de 836 000 hommes de 40 divisions, 220 000 véhicules et 725 000 tonnes d’approvisionnement, entre juin et novembre 1944. Un musée de la Liberté recrée l’atmosphère de la vie sous l’occupation.
